27/02/1933

Incendie du Reichstag

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Incendie du Reichstag

Le 10 février 1933, au Palais des Sports de Berlin, Hitler prononce son premier discours de Chancelier. Deux cent députés communistes et socialistes siègent encore au parlement. La première décision d’Hitler est donc de dissoudre l’assemblée et d’organiser de nouvelles élections. Son discours, radiodiffusé, se veut un appel à tous les électeurs, même de gauche, à voter pour lui. Deux semaines plus tard, à Berlin, le grand bâtiment du Reichstag brûle dans la nuit. L’enquête, menée par une police aux ordres de Goering, incrimine un communiste hollandais appelé Marinus Van der Lubbe, 24 ans, soupçonné d’avoir un lourd passé d’incendiaire. Rapidement déclaré coupable, il sera décapité. Le crime profite aux nazis. Hitler et Goering agitent le spectre d’un complot des Rouges et font arrêter 4000 communistes et leurs chefs. Mais le parti n’est pas encore interdit. Hitler veut garder une apparence de légalité pour les élections législatives qui doivent conforter son pouvoir.

Les Allemands, tellement saturés de campagnes électorales et de désordres, voient de nouveau, dans tout le pays, les SA se déployer sous le fallacieux prétexte de protéger la population des attentats communistes. Les SA sont plus d’un million. Armés, ils ont le statut d’auxiliaires de la police. Ils se positionnent, dans toute l’Allemagne, devant les sièges des partis de gauche et des syndicats. Ils vont encore une fois semer leur violence, pendant qu’Hitler s’évertue à rassurer le président Hindenburg, de plus en plus fatigué.

Le 5 mars 1933, Hitler et sa coalition atteignent à peine la majorité. Malgré toute sa propagande et l’intimidation des SA, Hitler n’a pas pu empêcher les communistes d’obtenir 12% des voix. Alors Hitler jette le masque et entre dans l’illégalité, avec la complicité de son gouvernement. Il supprime l’élection des députés communistes, les fait arrêter, et envoyer dans les camps de concentration d’Orianenburg, près de Berlin, et de Dachau, près de Munich, qui viennent juste d’être installés par les nazis. Ce sont les premiers des seize camps ouverts pendant la seule année 1933. Le nombre des détenus politiques passe à cent mille dans les premiers mois du régime. La dictature étend son ombre maléfique sur l’Allemagne. Hitler réunit le nouveau parlement à l’Opéra Royal, encerclé par les SA, pour demander les pleins pouvoirs. Il n’y a plus de communistes, la plupart sont dans les camps. Les 94 Socialistes encore présents ont le courage de voter contre Hitler. Ils sont arrêtés, emprisonnés ou contraints à l’exil. 441 députés, de l’extrême droite au Centre catholique, écoutent un long discours d’Hitler destiné à donner le change. Il promet, tout, comme toujours : la fin du chômage, le salut de la paysannerie, le respect des droits, et surtout, la paix. L’assemblée se suicide en votant les pleins pouvoirs à Hitler pour quatre ans. Sous les vivats, la démocratie meurt en Allemagne.

D’après Apocalypse, Hitler, une production CC&C.

L'incendie du Reichstag
Le 28 février au matin, les Berlinois découvrent stupéfaits le Reichstag en partie détruit par un violent incendie. L'intervention des pompiers n'a pas permis d'éviter la destruction du bâtiment et l'effondrement de la toiture.

Eclairage
Le reportage ne comporte aucun commentaire. La confrontation d'images montrant une session du Parlement allemand et le Reichstag en ruine permet de témoigner de l'ampleur des destructions et la violence de l'incendie. L'événement est doublement symbolique : le palais du Reichstag, situé près de la porte de Brandebourg à Berlin constitue à la fois un symbole politique très fort (et en y portant atteinte, on porte atteinte à l'Etat allemand, ce qui permettra aux nazis de nourrir toute la thématique du complot) mais également l'un des monuments les plus importants du patrimoine berlinois.
Un détail du reportage est particulièrement intéressant : alors que l'incendie a lieu de nuit, on voit arriver d'importants renforts de pompiers de jour, ce qui pourrait signifier que tous les efforts n'ont pas forcément été faits pour contenir au maximum l'incendie. La destruction quasi-entière du bâtiment rend l'incendie encore plus spectaculaire aux yeux de la population et permet à la propagande nazie sur le complot communiste d'avoir plus d'impact.

// Dossiers

Ce scénario est-il encore possible ? (2/2)

L’avis de Jean-Paul Picaper : "Une extrême droite antieuropéenne est sortie de sa léthargie. Elle a exorcisé ses démons et enfourché un cheval de bataille : l’europhobie."

Les étapes du "Grand Reich"

Hitler veut réunir les populations germaniques dans un grand Reich qu’il nomme "L’Espace vital"

Hindenburg, le président manipulé

Héros adulé de la Grande Guerre, il est aussi celui qui, tout en détestant Hitler, lui a remis les clefs du pouvoir.

// Protagonistes

Joseph Goebbels

Ministre de la Propagande et de l’Information, Josef Goebbels fait preuve d’un rare talent pour haranguer ses compatriotes

Ernst Röhm

Fondateur des SA, doté d’une ambition politique grandissante au sein du parti Nazi, Ernst Röhm est arrêté par Hitler et les SS au cours de la nuit des longs couteau puis abattu.

Paul von Hindenburg

Prestigieux Maréchal de l’armée Allemande, Hindenburg est élu président du Reich en 1925. En partie manipulé et malade, il nomme Adolf Hitler au poste de chancelier d’Allemagne le 30 janvier 1933.