Hitler écrit dans Mein Kampf : « La Première guerre mondiale a été le moment le plus inoubliable et le plus sublime de mon existence terrestre. »
Mobilisation ! Hitler a 25 ans, ce 2 août 1914, et la déclaration de guerre va le sortir de son existence d’artiste raté. Il a fui l’Autriche, pour ne pas faire son service militaire et il est en Allemagne, à Munich, emporté par la vague de folie nationaliste qui entraîne tous les Européens vers le grand massacre.
En 1918, le caporal Adolf Hitler est estafette, porteur de messages au 16ème régiment d’infanterie de Bavière. Il court de tranchées en tranchées pour transmettre les ordres, une affectation dangereuse qui lui vaut d’être décoré de la croix de fer.
Dans les tranchées, le soldat Adolf Hitler prend confusément conscience qu’un jour il pourrait témoigner ou militer pour ses compagnons de misère. De fait, tout au long de son parcours, Hitler saura toujours exploiter sa camaraderie avec les anciens combattants. Mais pour l’heure, une succession d’évènements va précipiter son engagement politique.
Dans la nuit du 13 octobre 1918, une attaque d’obus à gaz le rend momentanément aveugle. Il est évacué vers un hôpital de l’arrière puis en Allemagne.
Pendant ce temps, sur le Front, les armées allemandes refluent et les prisonniers sont nombreux.
Les soldats garderont l’amertume d’une défaite que les propagandistes d’extrême-droite attribueront à ceux de l’arrière, qui ont perdu le sens de la patrie, en entamant des pourparlers avec l’ennemi...
C’est à ce moment là que va se jouer un épisode qu’Hitler considérera comme décisif.
Il se remet lentement et finit par retrouver la vue à l’hôpital militaire de Pasewalk, au nord de Berlin, où l’armée soigne les séquelles des désordres nerveux dus aux combats.
Hitler raconte que lorsqu’il apprend l’abdication de l’empereur, la fin de la monarchie, la création d’une république et l’armistice du 11 novembre 1918 qui consacre la défaite allemande, il a entendu une voix intérieure. Il dit : « Cette voix m’a appelé à libérer le peuple allemand et restaurer
la grandeur de l’Allemagne ».
A cette hallucination Hitler ajoutera son obsession : pour lui, l’aigle allemand a été poignardé par les Juifs.
Il écrit dans Mein Kampf : « Si l’on avait, au début et au cours de la guerre, tenu une seule fois douze ou quinze mille de ces Hébreux corrupteurs du peuple sous les gaz empoisonnés, le sacrifice de millions d’hommes n’eût pas été vain. »
La contre-offensive française à Verdun au cours du mois d'août 1916 permet de faire de nombreux prisonniers allemands
En août 1916, l'armée française entame une importante contre-offensive à Verdun afin de reprendre les positions perdues depuis les débuts de l'attaque allemande en février. Les victoires françaises permettent de faire de nombreux prisonniers.
Éclairage
Si les commentaires laissent entrevoir une contre-offensive de grande envergure menée par l'armée française, les images ne montrent en fait aucun combat et ne permettent de voir que quelques unités d'artilleurs en action. En revanche, le fait de montrer des convois de prisonniers allemands doit permettre de provoquer une forte impression sur le public car ces derniers sont la preuve vivante de l'efficacité de l'offensive française. Et plus le nombre de prisonniers est important, plus cela donne l'idée que la victoire a été éclatante. Les consignes du service cinématographique des armées étaient de "filmer les boches comme des trophées". Le cameraman a donc filmé en plan d'ensemble et avec une bonne profondeur de champ d'interminables colonnes de captifs qui avancent pour être internés dans un camp. Ces longues colonnes sont là pour démontrer l'important succès remporté par les troupes françaises.
Le reportage montre également que les prisonniers allemands sont bien traités (des infirmiers français soignent les blessés allemands) : contrairement à ce que prétend la propagande allemande, l'armée française se comporte de manière humaine et civilisée en traitant bien ses prisonniers. Les dernières images permettent de souligner un important contraste entre cette "humanité française" et la "barbarie allemande" puisque les Allemands se sont livrés au bombardement de formations sanitaires dans la région de Verdun, provoquant la mort de 43 infirmières bénévoles ou soldats en traitement. Ces images démontrent la volonté de diaboliser un adversaire qui se comporte de manière sauvage et barbare.