28/06/1919

Le traité de versailles

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Signé le 28 juin 1919 dans la galerie des Glaces du château, le traité de Versailles met un point final à la Première Guerre mondiale.

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Signé le 28 juin 1919 dans la galerie des Glaces du château, le traité de Versailles met un point final à la Première Guerre mondiale.

La France, le Royaume Uni, l’Italie et les Etats-Unis sont les quatre grandes puissances siégeant à la conférence. Unis dans la guerre, les Alliés ont des avis divergents quant au règlement du conflit. Si Wilson, le Président américain, souhaite ménager l’Allemagne pour éviter que naisse un sentiment de revanche, la France, à l’inverse, exige de la faire payer lourdement.
Après des mois de palabres, les vainqueurs, surtout la France, l’Angleterre et les Etats-Unis imposent à l’Allemagne des conditions de paix très dures, comme si elle était la seule responsable de l’immense carnage. Le traité condamne l’Allemagne à payer d’énormes indemnités, les Réparations, qui vont peser sur son économie et seront au cœur de la contestation allemande.
L’Allemagne est aussi amputée de 13% de son territoire et d’un dixième de sa population. L’Alsace Lorraine redevient française et toute la rive gauche du Rhin est démilitarisée. Le pire est la séparation de la Prusse orientale du reste du pays, pour recréer la Pologne démantelée au 18ème siècle, et lui donner un accès à la mer. Ce couloir de Dantzig sera le déclencheur de la deuxième guerre mondiale.

Les Allemands ressentent comme une humiliation l’exigence des Alliés de désarmer les groupes paramilitaires qui ont lutté contre la révolution. Ils assistent au massacre de leurs sous-marins, de leurs cuirassés, de leur flotte aérienne. L’armée allemande est réduite à 100.000 hommes. Hitler est donc démobilisé, malgré lui, dans cette Bavière en pleine ébullition, où pullulent les groupes d’extrême droite. L’Allemagne, qui comme la Russie, n’est pas invitée à participer aux négociations de paix, considère immédiatement le traité de Versailles comme un Diktat.

Dès sa signature, le traité est remis en cause, non seulement par la France qui aurait souhaité affaiblir davantage l’Allemagne, mais aussi par l’Italie et les Etats-Unis, ces derniers refusant même de le ratifier.

Xavier Faubert pour France Télévisions D’après Apocalypse, Hitler, une production CC&C et l’Atlas de la Seconde Guerre mondiale, Isabelle Bournier et Marc Pottier, Casterman, 2006

Stefan Zweig, écrivain autrichien, dépeint le climat d’instabilité qui caractérisait l’Allemagne de l’après première guerre mondiale. Dans ce tumulte, parmi bien d’autres, un nom était cité lorsqu’étaient évoqués les provocations, les troubles et la violence. Un nom ni plus notable, ni plus terrifiant qu’un autre : Adolf Hitler.
« C’est ainsi que je ne puis me rappeler quand j’ai entendu pour la première fois le nom d’Adolf Hitler, ce nom que nous nous voyons à présent obligés depuis des années de penser ou de prononcer chaque jour, presque à chaque seconde, à propos de quelque conjoncture, le nom de l’homme qui a apporté plus de calamités dans notre monde qu’aucun autre au cours des âges. […/…] Je sais seulement qu’un jour – je ne saurais plus déterminer la date exacte – une de mes connaissances passa la frontière et se plaignit que Munich était de nouveau en proie au désordre. Il y avait là en particulier un furieux agitateur du nom de Hitler, qui organisait des réunions accompagnées de sauvages bagarres et se livrait à une campagne d’excitation des plus vulgaire contre la république et les Juifs.
Ce nom tomba en moi, vide et sans poids. Il ne m’occupa pas plus longtemps. Car combien de noms d’agitateurs et de fauteurs de désordres, aujourd’hui depuis longtemps oubliés, surgissaient alors dans cette Allemagne délabrée, pour disparaître tout aussitôt ? Celui du capitaine Ehrhardt avec ses troupes baltes, celui du général Kapp, ceux des meurtriers de la Sainte-Vehme, des communistes bavarois, des séparatistes rhénans, des chefs de corps francs. Des centaines de ces petites bulles flottaient confusément dans la fermentation générale, et, à peine éclatées, ne laissaient rien après elles qu’une mauvaise odeur trahissant clairement la purulence cachée dans la plaie encore ouverte de l’Allemagne. Un jour aussi, la petite feuille de ce nouveau mouvement national-socialiste me passa entre les mains, c’était alors le Miesbacher Anzeiger (qui devait devenir plus tard le Völkischer Beobachter). Mais Miesbach n’était qu’un petit village et le journal vulgairement écrit. Qui s’en souciait ? »

Stefan Zweig, Le monde d’hier, Souvenirs d’un Européen, editions Belfond - 1993
La signature du traité de Versailles instaurant les conditions de paix le 28 juin 1919
Le 28 juin 1919, le traité de Versailles est accepté et signé par la délégation allemande dans la Galerie des Glaces du château de Versailles. L'important cortège des plénipotentiaires allemands et alliés sort du château.

Éclairage
Les images montrent la forte agitation qui règne dans la Galerie des Glaces au moment de la signature du traité par les plénipotentiaires allemands. Si l'on retient toujours le nom des quatre principaux responsables alliés (Wilson, Clemenceau, Lloyd George, Orlando), il ne faut pas oublier que les représentants de 27 Etats participent en fait à la préparation et à la rédaction du traité. Outre les responsables politiques, de nombreux "experts" sont également réunis au sein de 52 commissions. Le lieu de Versailles est particulièrement symbolique et ajoute à l'humiliation allemande et à la revanche française : c'est en effet à Versailles, dans la Galerie des Glaces, qu'a été proclamée au lendemain de la guerre entre la France et la Prusse, en 1871, l'unification de l'Allemagne et que sont signés les préliminaires de la paix entre Bismarck et Thiers. Les images montrant à la fin du reportage des anciens combattants et des soldats défigurés permettent enfin de rappeler le poids des opinions nationales au cours des débats : en se montrant intransigeant face à l'Allemagne, Clemenceau ne fait en effet que traduire le sentiment majoritaire de l'opinion française en général et de celle des anciens combattants plus particulièrement.

// Dossiers

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// Protagonistes

Hermann Goering

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Erich Ludendorff

Général en chef des armées allemandes pendant la Première Guerre mondiale, il soutient activement le mouvement national-socialiste dans ses débuts avant de s’opposer à Adolf Hitler.

Paul von Hindenburg

Prestigieux Maréchal de l’armée Allemande, Hindenburg est élu président du Reich en 1925. En partie manipulé et malade, il nomme Adolf Hitler au poste de chancelier d’Allemagne le 30 janvier 1933.