Le 27 février 1925 Hitler fait sa rentrée politique dans la fameuse brasserie de Munich d’où il avait lancé le putsch, en réaffirmant sa position de chef des nazis. C’est alors que se produit un évènement qui va le servir. L’incarnation même de la nouvelle démocratie allemande, le premier président de la république de Weimar, le socialiste Ebert, meurt, à 57 ans, d’une appendicite mal soignée.
C’est un deuil d’autant plus ressenti par les Allemands que son gouvernement avait réussi à juguler l’inflation et que le pays était en plein redressement.
Les Allemands doivent élire un nouveau président et voient le retour des croix gammées pour la campagne électorale. L’interdiction du parti nazi vient d’être levée, parce qu’il n’est plus jugé dangereux. D’ailleurs le candidat de l’extrême droite unie, le maréchal Ludendorff, obtient à peine 1% des voix. L’échec de Ludendorff, est souhaité par Hitler, qui se débarrasse ainsi de son principal rival, pour lequel il a fait semblant de se battre. Il révèle son instinct politique. Il dit : « Nous lui avons porté le coup de grâce ! »
C’est l’autre grand chef de 14-18, l’imposant maréchal von Hindenburg, qui est élu. Il rassure l’armée, fédère les conservateurs, en inquiétant la gauche, et l’Europe.
Hitler reste en embuscade. Le parti nazi va réussir à étendre ses métastases dans toute l’Allemagne, jusqu’à compter près de 170.000 adhérents.
Dans le même temps, Hitler a fait de sa milice, les SA, une véritable armée privée. Ils sont de plus en plus jeunes. Mais il ne faut pas se tromper. Ces paramilitaires sont des brutes, des fanatiques, des meurtriers. Leur nouvel uniforme, de couleur marron, les fait surnommer : les chemises brunes.
C’est une imitation des chemises noires de Mussolini, qui avaient si bien réussi leur marche sur Rome
quelques années plus tôt.
Tout cela coûte beaucoup d’argent et les fonds proviennent surtout de la générosité des petits adhérents, ou de riches sympathisants du fascisme comme le magnat de l’industrie sidérurgique Fritz Thyssen, dont les aciéries sont prêtes à forger de nouveaux canons, ou du plus grand constructeur automobile du monde, Henry Ford, antisémite pathologique, qui va aider puissamment le parti nazi
en lui donnant tous les bénéfices de ses ventes de voitures en Allemagne.
Ford sera le premier étranger décoré par les nazis de « l’Ordre du grand aigle allemand ».
Ainsi sont réunis les moyens de monter les grands rassemblements du parti, vastes opérations de propagande destinées à frapper l’opinion et galvaniser les troupes.
Xavier Faubert pour France Télévisions
D’après Apocalypse, Hitler, une production CC&C.