Les Alliés débarquent en Italie, occupée par les Allemands. Les armées américaines, anglaises, canadiennes et françaises, sont bloquées dans leur avance vers le Nord, où règne encore Mussolini, par une solide défense allemande, la ligne Gustav, à la hauteur du mont Cassin. A son sommet trône le monastère de Saint Benoît.
Les Alliés soupçonnent les Allemands d’avoir fait un poste d’observation de ce trésor historique millénaire. 224 bombardiers alliés vont larguer 420 tonnes de bombes sur le monastère. Les Britanniques attaquent aussitôt, mais les parachutistes allemands les repoussent. Ces troupes de choc allemandes sont désormais solidement retranchés dans les ruines du monastère. Le bombardement n’a servi à rien.
En attaquant ainsi le sud de l’Europe par l’Italie, Churchill espérait prendre Berlin avant les Russes.
La Wehrmacht en retraite continue à tout détruire derrière elle. Avec les derniers fascistes de Mussolini, les Allemands vont tout faire pour tenir le Nord de l’Italie, et son industrie. Ils font face aux attaques des partisans italiens et répondent par la terreur.
Les Alliés tentent de forcer les lignes ennemies le 25 août 1944. Rapidement les défenses orientales sont balayées, mais Kesselring réussit à ramener rapidement des renforts et à bloquer l’avance de la VIIIe armée alliée, dirigée par le général Oliver Leese.
Une nouvelle attaque le 8 septembre permet d’atteindre la plaine de Romagne. Les Alliés se retrouvent alors devant un labyrinthe de cours d’eau endigués, où chaque digue est formidablement défendue. Les pluies à partir du 20 septembre brisent net leur élan jusqu’au printemps suivant.
Ce n’est que le 9 avril 1945 qu’une nouvelle action d’envergure est lancée. Le 25 avril les Ve et VIIIe armées alliées franchissent le Pô. Le 2 mai, les Allemands signent à Caserte leur capitulation sans condition.
D’après "Apocalypse, la deuxième guerre mondiale", une production CC&C
Témoignage : "Le jour où j'ai débarqué en Italie..."
Robert Charlas : Le jour où j'ai débarqué en Italie, le jour de l'éruption du Vésuve
Parti d’Alger notre bateau accoste dans le port de Naples le 25 décembre 1943, le jour de noël, avec mon unité.
[...] L’atmosphère est assez calme lorsque nous amarrons sur une passerelle de fortune dans la baie. Pourtant nous apercevons au loin l’éruption du Vésuve, mélange de fumée noire et de cendres créant une ambiance quasi irréelle. Ce décor exceptionnel ne fait qu’accentuer la vision lugubre que nous avons des faubourgs de Naples. Là, des immeubles éventrés et une population malingre nous font face.
Mon malaise s’accentue à la vue des épaves dans la baie transformant la plage en cimetière naval. Des ballons sont placés ça et là pour empêcher les avions ennemis de piquer. Nous savons alors que nous débarquons dans une zone hostile. Naples est une ville fantôme que les allemands bombardent tous les soirs.
[...] Le lendemain je pars en ville avec trois copains. Dans les rues de Naples je vois une population à la limite de la vie, la pauvreté règne. Les enfants s’accrochent à nos jambes en nous suppliant : « potatoe, potatoe, spaghetti » et les femmes se proposent dans des : « officiare » évocateurs… Nous sentons que nous ne sommes pas les bienvenus parmi ces ombres, ce qui nous pousse à partir. L’accueil sera bien différent quand nous entrerons dans Rome quelques mois plus tard où une foule heureuse et victorieuse nous acclamera sur les bords des routes. La réaction des napolitains se rapproche de celle que je connaîtrai en Alsace où, dans certains villages, la peur du retour des allemands poussait les habitants à cacher les drapeaux français.[...]
Voir le témoignage sur [www.civismemoria.fr->http://www.civismemoria.fr/contribution/?module=contrib&contrib=906]