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Rendez-vous en Terre Inconnue - France 5

L’interview de Marianne James

Adoptée par les Bajaus dès son arrivée à Mandebulu, la sémillante Marianne James revient sur une aventure humaine palpitante.

Pourquoi avez-vous accepté de participer à cette aventure et comment vous êtes-vous préparée à l’idée de partir vers une destination inconnue ?
Dans la vie, il y a deux catégories d’hommes : ceux qui ont fait "endez-vous en terre inconnue" et ceux qui ne l’ont pas fait ! (Elle rit) Spectatrice ravie des voyages de Muriel Robin, Bruno Solo, Adriana Karembeu, Patrick Timsit…, je rêvais qu’on me propose de participer au documentaire. La décision a été prise immédiatement, j’ai fait taire mes appréhensions et "hop ! en voiture Marianne", ou plutôt… en avion !
Auparavant, j’ai fait un léger régime, du cardio-training et beaucoup de
marche pour me sentir mieux, tonique et ne pas être une "diva" impossible s’il fallait se dépasser au bout du monde !


Quand vous vous retrouvez dans l’archipel des Banggai et que vous découvrez les maisons sur pilotis en pleine mer, quelles sont vos premières impressions ?
Je découvre le village à 500 mètres, en pirogue, et plus on s’approche, plus le village me paraît petit, c’est incroyable ! De loin, je le trouvais grand et, de près, il me paraît minuscule ; un village en papier ! Pas dans le ciel, pas sur terre, et pas sur l’eau non plus, quelque chose de poétique et un peu
surréaliste… Quand il faut monter pour la première fois à l’espalier de
bambou, imaginez la force qu’il faut dans les bras pour s’extraire de la pirogue, à marée basse. L’autre très forte impression, c’est d’aller, dès l’arrivée, saluer le village entier maison par maison, tenir debout et marcher parfois acrobatiquement sur ces frêles planchers de bambous. Le tout sous les rires et les blagues des Bajaus, respectueux mais quand même très hilares !
Je me disais : "Ils n’ont jamais vu une femme aussi grande, aussi ronde et habillée comme ça, ils doivent se demander de quelle planète je viens !" Une Bajau doit mesurer dans les 1, 50 m et peser 35 kg !

 

On vous voit partir à la pêche sur une pirogue, participer aux tâches quotidiennes avec enthousiasme, faire de la plongée… Où puisez-vous toute cette énergie ?
L’énergie est en moi ! C’est dans mon ADN ! Et tout ce qui me caractérise a été dopé vers le haut ! Un peuple aussi bienveillant ne pouvait que m’ouvrir, me pousser au partage, à la découverte ! La bienveillance, et non pas le jugement, était mon état d’esprit avant de partir. Mes craintes de déplaire, de déranger, d’être exclue, se sont envolées à l’instant même où je les ai salués tous, un par un !

 

Avez-vous douté de vous à un moment en vous disant : "Cela va être trop dur d’être totalement coupée du monde" ? Y a-t-il eu des moments où vous avez craqué ?
Honnêtement, je n’ai pas douté de moi. A aucun moment, je n’ai senti de fausses bonnes raisons d’être là ! Ces destinations sont préparées soigneusement par Franck (Desplanques), que j’appelle l’ethnologue, un homme intelligent, courageux, avec un savoir immense de ce qu’il faut faire ou ne pas faire ! Un amoureux dingue de ces peuplades. Et Frédéric Lopez sait s’entourer : l’équipe de tournage est extraordinaire, efficace et extrêmement sympathique !