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Rendez-vous en Terre Inconnue - France 5

L’interview de Frédéric Lopez

"Le plus beau feu de camp de ma vie"

Pourquoi avoir choisi d’emmener Virginie Efira pour ce nouveau Rendez-vous en terre inconnue ?
Pour plusieurs raisons. Virginie est, comme on le sait, une excellente animatrice. Mais j’avais surtout admiré sa décision de quitter, en plein succès, son métier de présentatrice pour devenir comédienne. J’ai toujours eu une fascination pour les personnes qui savent écouter et suivre leur petite musique intérieure. Et puis, plusieurs amis, que l’on a en commun, m’avaient depuis longtemps vanté ses qualités humaines qui se sont confirmées lors de sa participation à Panique dans l’oreillette aux côtés de Bruno Solo. On avait beaucoup ri ! Virginie a un sens certain de l’autodérision et de l’humour. En plus d’être belle et intelligente, elle détient une puissance comique incroyable. C’est la Cameron Diaz française.

Qu’est-ce qui vous a touché chez elle durant ce voyage ?
Sa pudeur. Virginie ne sombre jamais dans la complaisance ou le sentimentalisme. Elle lutte souvent contre ses émotions par des blagues et des fous rires interminables. Mais cette « résistance » me touche beaucoup. Et apporte, pour moi, beaucoup de poids et de valeur aux sentiments qu’elle laisse transparaître au moment des adieux avec Ganbat et sa famille. Juste et honnête, Virginie n’a également jamais hésité à exprimer ses craintes, ses peurs, ses envies. Y compris sa déception à l’annonce de la destination. Et elle qui était si terrorisée par le froid finit par dormir à la belle étoile dans la neige et par se réveiller… heureuse !

Parlez-nous de votre rencontre avec les Tsaatans…
Avant de partir en terre inconnue je pensais que seul le Père Noël se déplaçait avec des rennes ! Les Tsaatans sont des êtres de la forêt. En pénétrant leur univers, nous avons plongé dans le monde de l’enfance, entre magie et onirisme. J’ai été bouleversé par cette population. Ils ne sont que 240 ! Ils ont été longtemps méprisés mais, malgré tout, ils sont fiers et libres. En aucun cas, ils ne sont devenus esclaves du regard des autres. Et puis, ils rient énormément. Et quand Ganbat nous dit qu’il a tout pour être heureux, l’écho résonne particulièrement en nous qui, dans notre société de consommation, avons beaucoup de mal à différencier être et avoir.

Dans le film, on vous sent bouleversé par votre tête à tête avec Ganbat…
C’est vrai, c’était un moment très fort. Comme tout bon citadin, j’ai parfois tendance à être sous contrôle. Allongé au coin du feu, Ganbat a tout fait pour me détendre et m’aider à profiter de l’instant présent. Et ce moment, qui ne dure que quelques instants dans le film, a en fait duré plusieurs heures. Je ne voulais plus partir ! C’était le plus beau feu de camp de toute ma vie ! D’ailleurs, je crois bien que depuis que j’ai rencontré Ganbat, j’ai parlé de lui tous les jours. Réfléchissez bien : avez-vous déjà rencontré, en chair et en os, quelqu’un qui dit être heureux et n’avoir besoin de rien ?

Vous ne devez pas rentrer « indemne » de toutes ces rencontres…
C’est clair que je ne suis plus la même personne qu’il y a cinq ans…

Vous devez également tisser des liens très forts avec les invités…
Quand on se revoit après le voyage, il est vrai qu’on se connecte en quelques secondes. Nos vies font qu’on ne se croise pas tous les jours, mais il existe un lien particulier, très fort, qui ne ressemble à rien d’autre. Ensemble, nous avons vécu des moments extraordinaires qui nous ont marqués à vie…