

Pour Zazie, ce voyage chez les Korowai a représenté un véritable parcours initiatique.
Pourquoi avoir accepté une telle aventure ?
Je ne pouvais pas refuser cette proposition ! Lorsque l’on aime voyager, ce qui est mon cas, on ne peut rater une telle occasion. Le village où nous sommes allés à la rencontre des Korowai est si isolé que je n’aurais jamais eu la possibilité de m’y rendre par mes propres moyens. Car si je me sens l’âme d’une aventurière, si j’aime me perdre dans les villes que je visite, cela reste des endroits très accessibles aux touristes.
Saviez-vous à quoi vous attendre en acceptant ce tournage ?
Pas du tout ! Je savais que j’allais vivre une grande aventure, pour le reste, je faisais confiance à l’équipe. Je n’avais aucune idée de la destination. J’étais persuadée de partir dans le Grand Nord, alors forcément, la surprise a été totale ! (Rires)
Le trajet s’est révélé être une véritable expédition, était-ce difficile ?
Ce n’est ni la boue, ni la chaleur, ni l’humidité qui ont été le plus éprouvant. Mais plutôt l’attente. Nous avons mis près d’une semaine pour arriver à notre point de chute. Comme beaucoup, je connaissais les Papous, mais j’ignorais tout des Korowai. Et à l’excitation succèdent les fantasmes, les peurs…
Etiez-vous émue de rencontrer les membres de la tribu ?
J’étais très intimidée. Il y a d’abord ces chants dans la densité de la forêt qui annoncent leur venue. C’est très impressionnant, presque inquiétant. Nous pouvions les entendre près d’un quart d’heure avant de les voir, ce qui nous laissait largement le temps d’avoir le coeur qui palpite ! Je savais qu’ils n’avaient jamais vu de femme blanche, mais surtout, nous arrivions alors que l’un des couples, Itolom et Guiso, venait de perdre un enfant en bas âge.
Quand vous avez su où vous alliez, comment avez-vous imaginé la façon de communiquer avec les membres de cette communauté si isolée ?
Frédéric Lopez m’a dit qu’il y aurait des interprètes avec nous. L’un traduirait du français à l’indonésien, l’autre, de l’indonésien au korowai. La barrière de la langue n’était donc pas vraiment un problème. Mais ce fut un excellent exercice,
pour moi qui aime manier les mots. Les traductions pouvaient prendre tant de temps que nous devions limiter la longueur de nos discours et résumer nos questions à l’essentiel ! J’avais aussi apporté avec moi de quoi faire des aquarelles. Je ne dessine pas très bien mais je trouve que la peinture est une activité paisible et un moyen de partager un agréable moment. Ils peignaient pour la première fois, pourtant, ce sont des vraies merveilles qui naissaient sous l’impulsion du pinceau.
Comment avez-vous vécu la nudité de ces hommes et de ces femmes ?
Il est possible que l’on soit un peu surpris au début. Mais ce n’est évidemment pas cela qui attire le regard ou marque les esprits ! En revanche, j’intriguais beaucoup les femmes korowai qui n’avaient jamais vu de femme blanche.
Arrive t-on à se repérer, après quelques jours passés dans une forêt aussi dense ?
Pas vraiment ! (Rires). Cette jungle est un véritable labyrinthe ! L’absence de repères est déstabilisante et, aussi étrange que cela puisse paraître, je souffrais de claustrophobie !
Vous semblez très émue au moment du départ, qu’est-ce qui vous aura le plus touchée au cours de ce voyage ?
Il y a tellement de souvenirs… Le soir où j’ai chanté Je suis un homme, reste l’un des très jolis moments de ce voyage. Les Korowai, émus par la mélodie – les paroles ne leur ayant pas été traduites – se sont mis à pleurer. J’ai été confortée dans l’idée que la musique est une sorte de langage universel
du coeur. Il y a aussi eu tous ces instants avec l’équipe, ces fous rires que parfois l’on avait…
Comment se sent-on après une telle aventure ?
Il m’arrive souvent de penser à eux. On ne peut que prendre les choses plus légèrement et simplement après cela. Le moindre inconfort peut sembler exagéré. Mais ce n’est réellement qu’en regardant le film que j’ai pris conscience de l’impact qu’avait eu ce séjour sur moi.
Cette extraordinaire rencontre avec les Korowai, vous inspirera t-elle une chanson ?
Non, je ne pense pas. Cette aventure est bien plus importante qu’une chanson. Elle est de l’ordre de l’indicible, profondément ancrée en moi.
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