D'un côté, il y a des organisations
issues des communautés juives. De l'autre, des associations
caritatives de la société civile. Toutes se retrouvent
confrontées à deux barbaries antisémites, Dès les premiers
jours de l'occupation : celle des nazis, celle de Vichy.
Une dizaine d'organisations juives
d'assistance se coordonnent Secrètement Dès le 15 juin
1940, à Paris, en zone occupée. Une vingtaine d'associations
caritatives, protestantes et juives, se réunissent
dans un comité à Nîmes, en zone non occupée, à partir
de novembre 1940. Chacune d'elles, avec ses leaders
charismatiques, se retrouve en première ligne, dans
les camps d'internement, les orphelinats, les soupes
populaires, pour prendre en charge les persécutés.
Elles sont entraînées dans une course contre la mort
qui, petit à petit, les oblige à convaincre les forces
morales du pays, à pratiquer des activités illégales,
à entrer en résistance.
Quand les nazis décident de la
solution finale, l'Etat français accepte d'être complice
de la Shoah. Les rafles de l'été 1942 condamnent à
mort plus de 23 000 Juifs en quelques jours. Le choc
dans l'opinion est tel qu'une partie de l'Eglise catholique,
poussée par les activistes, sort du silence et, peu
à peu, en appelle au devoir de solidarité de l'ensemble
de la société. Les associations aident alors des dizaines
de milliers de Juifs à se fondre dans la société civile,
malgré la chasse aux Juifs lancée par les nazis et
Vichy. Les enfants sont la priorité absolue. Une gigantesque
entreprise de camouflage commence. 76 000 Juifs de
France vont disparaître dans la Shoah. Mais grâce à
cette mobilisation, et d'abord à celle des Juifs eux-mêmes,
250 000, soit les trois quarts des Juifs résidant en
France, vont y échapper. Cette forme de résistance,
méconnue, est pour la première fois présentée dans
sa globalité. |