« J'essaie de comprendre pourquoi et comment des
individus, à un moment donné, se sont engagés dans
ce qu'on appelle aujourd'hui la Résistance. Pourquoi
d'autres ne l'ont pas fait ? (...) Je fais preuve d'une
grande humilité, en tant qu'historien, devant le mystère
de la décision, de l'engrenage vers la Résistance.
»
Jacques Semelin
Comment les sociétés civiles réagissent-elles lorsqu'elles
sont confrontées aux violences les plus extrêmes, au
totalitarisme ?
Occupation militaire, barbarie, crimes de masse sont
destinés à écraser les individus, à briser les solidarités.
Loin de se soumettre, nombre de ces sociétés développent
des mouvements d'entraide, de résistance qui, parfois,
parviennent à libérer les individus de l'oppression
qu'ils subissent.
Comment est apparue la Résistance ? Comment, en partant
d'une hostilité sourde d'un pays à l'occupant et à
la collaboration, se sont formées des organisations
clandestines qui, peu à peu, ont incarné la véritable
légitimité nationale ?
Du discours de Pétain en juin 1940 jusqu'au défilé
des maquisards de l'Ain à Oyonnax en novembre 1943,
en passant par la « flamme de la Résistance » allumée
à Londres par de Gaulle et le rôle de Jean Moulin,
cet épisode évoque le « bricolage » des premiers actes
de résistance, la naissance des journaux clandestins,
les sabotages, les assassinats d'officiers allemands
et les condamnations à mort arbitraires qui ont suivi,
l'instauration du STO, les déportés politiques... Les
historiens reviennent sur la volonté de révolte, le
réflexe d'action qui anime les populations, l'émergence
d'un front spontané du refus, la multiplication de
petits gestes et les mécanismes par lesquels les civils
entrent en dissidence, puis basculent dans la Résistance.
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