« La politique nazie se caractérise par la volonté
de toujours faire prendre en charge par les victimes
leur situation de victimes (...). Les associations qui
ont pris conscience de ce piège-là sont allées au-delà
de l'assistance et ont mené une action de résistance,
de sauvetage. »
Denis Peschanski
Les communautés juives vivant en
France ne se sont pas laissé faire, contrairement à
ce que beaucoup croient. Si les trois quarts des Juifs
ont échappé à la déportation, c'est d'abord parce qu'ils
ont résisté.
Dès l'arrivée des nazis à Paris,
le 14 juin 1940, une coordination Secrète d'oeuvres
caritatives juives se met en place sous le nom de comité
Amelot. Au début, ses animateurs souhaitent tout simplement
venir en aide aux populations persécutées. Ils vont
très vite affronter les SS, les rafles, la ségrégation
et la spoliation. Leur attitude, « le refus d'obéissance
», va petit à petit gagner une grande partie des organisations
juives de France. Des manifestations devant les camps
d'internement de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande
à la coordination avec les déportés de Drancy, de la
fabrique de faux papiers à la création de filières
de camouflage et de réseaux de sauvetage, c'est l'improvisation
dans l'urgence de la résistance des victimes à leurs
bourreaux.
Les historiens décrivent les mécanismes de la solution
finale en France et comment les organisations juives
y ont fait face, le passage à des formes de lutte de
plus en plus radicales, clandestines et illégales.
L'impact des rafles de l'été 1942 sur la société civile
française modifie en profondeur l'attitude de l'ensemble
du corps social.
Les organisations juives peuvent
désormais utiliser le tissu social de la France profonde
pour sauver les Juifs.
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