Albrecht, Berty (1893 -1943)
Berty Albrecht, après l'armistice de juin 1940, entre aux Usines Fulmen à Vierzon et profite de cette situation, dès l'été 1940, pour faire passer la ligne de démarcation à des prisonniers évadés.
Début 1941, elle commence à dactylographier les premiers bulletins de propagande du Mouvement de libération nationale (MLN) créé par Frenay qu'elle connaît depuis 1934. Elle recrute pour le mouvement les premiers adhérents et collecte les premiers fonds.
En 1942, de la fusion de "Vérités" et de "Libertés", naît "Combat", qui se développe sous la direction d'Henri Frenay avec sa participation active. Poursuivant sa lutte contre les Allemands, elle établit de précieuses liaisons entre les deux zones au profit du mouvement.
Les allées et venues dans les bureaux du Commissariat au Chômage de Villeurbanne, où elle travaille officiellement, attirent l'attention de la Police qui l’arrête une première fois à la mi-janvier 1942 ; relâchée au bout de trois jours, elle est rapidement contrainte à la démission.
Arrêtée à son domicile fin avril 1942, elle est internée en mai 1942. Transférée à la prison Saint-Joseph à Lyon elle est jugée et condamnée à six mois de prison ferme.
Simulant la folie, elle est envoyée à l'asile psychiatrique de Bron le 28 novembre, avant d’être libérée par un commando de "Combat" le 23 décembre 1942. Refusant de passer en Angleterre, elle reprend immédiatement ses activités clandestines et, au début de février 1943, rejoint Henri Frenay à Cluny.
Arrêtée à Mâcon le 28 mai 1943 par la Gestapo au cours d'un faux rendez-vous, elle est torturée et transférée à la prison du Fort Monluc à Lyon puis à Fresnes où elle est incarcérée le 31 mai. Echappant à la surveillance réservée aux "politiques", elle se donne la mort par pendaison dans la nuit. En mai 1945, son corps est retrouvé dans le jardin potager de la prison de Fresnes. Berty Albrecht est inhumée dans la crypte du Mont-Valérien.
Astier de la Vigerie, Emmanuel d’(1900-1969)
Entré à l'Ecole navale en 1919, il démissionne de la Marine en 1931 pour entamer une carrière journalistique. Dès septembre 1940, refusant l'armistice, il fonde à Cannes le mouvement « La Dernière Colonne », qui se destine au sabotage, avant de gagner, Clermont-Ferrand où règne une atmosphère favorable à la Résistance.
En janvier 1941, La Dernière Colonne étant décimée par les arrestations, il entre dans la clandestinité, et crée en juin 1941, avec Jean Cavaillès, le mouvement Libération. En janvier 1942, une liaison est établie avec Londres et en mars a lieu la première réunion des responsables de Libération, Combat et Franc-Tireur sous la présidence de Jean Moulin.
Envoyé en mission à Washington, en juin 1942, il est chargé de négocier auprès de Roosevelt la reconnaissance de la France libre.
En novembre 1942, après un deuxième voyage à Londres, il regagne la France avec Henri Frenay et est désigné pour siéger au Comité de coordination des Mouvements de Résistance qui devient, en janvier 1943, le Directoire des Mouvements unis de Résistance (MUR) dont il est le commissaire aux affaires politiques.
De retour à Londres en octobre 1943, il prend les fonctions de commissaire à l'Intérieur du Comité français de la Libération nationale (CFLN) à Alger à partir de novembre 1943. Emmanuel d'Astier est membre du COMIDAC, Comité d'action en France, institué en septembre 1943 à Alger et chargé de définir la stratégie et les crédits affectés à l'action de la résistance métropolitaine. A partir de la création du Gouvernement provisoire de la République française en juin 1944, il devient ministre de l'Intérieur. Il débarque en France en juillet 1944. Il quitte ses fonctions en septembre 1944 après avoir refusé la proposition de servir comme ambassadeur à Washington.
Aubrac Lucie (1912 -2007)
Membres des Jeunesses communistes, bachelière, agrégée d’histoire et de géographie, elle fait la connaissance de Raymond Samuel à Strasbourg où elle enseigne. Ils se marient en décembre 1939. Elle organise son évasion alors qu’il est prisonnier depuis juin 1940 à Sarrebourg. Replié à Lyon avec son mari elle rencontre Emmanuel d’Astier en novembre 1940 et forment un petit groupe « la Dernière Colonne ». Arrêté une première fois, le 15 mars 1943 à Lyon, Raymond Aubrac est arrêté à nouveau à Caluire le 21 juin en compagnie de Jean Moulin. Lucie organise une nouvelle fois son évasion 4 mois plus tard. Le couple gagne finalement Londres avec leur enfant le 8 février 1944. En juillet 1944 elle participe à la mise en place des Comités de Libérations dans les zones libérées et rejoint son mari nommé commissaire régional de la République à Marseille. En janvier 1945 le couple Aubrac regagne Paris et Lucie siège à l’Assemblée Consultative.
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